Au XXe siècle, le Mexique post-révolutionnaire subit des changements sociaux profonds. La scène nationale est agitée par la formation du nouvel état mexicain ; la multiplication des mouvements sociaux (féministes, ouvriers, catholiques) ; des nouvelles vagues missionnaires protestantes ; des processus de laïcisation et la révolution zapatiste. Paralèllement, dans la deuxième moitié du XXe siècle, le paysage religieux du Mexique, jusqu’alors sous hégémonie catholique, se transforme radicalement : il se pluralise avec la diffusion des nouveaux mouvements religieux. Dans les années 1980, des spiritualités dites New Age sont mêmes introduites au sein de groupes ethniques locaux qui se les approprient et les reformulent, créant de nouvelles identités hybrides sur un socle culturel déjà bien marqué par des syncrétisations antérieures entre catholicisme et cosmovisions indigènes. Sur cette scène nationale, les transformations du champ religieux s’inscrivent dans une mouvance générale de revitalismes autochtones (Mayas, Aztèques, Totonaques), appelée aussi « néo-mexicanité » ; des touristes occidentaux, locaux métisses ou indigènes reprennent possession de tout un héritage culturel dont ils revendiquent fièrement l’authenticité et les valeurs dites universelles. Au sud-est du Mexique, dans les régions du Chiapas et du Yucatán, contextes régionaux du reportage ethno-photographique, c’est le terme « Maya » qui est revalorisé dans l’espace public. Porter cette étiquette dans ces régions est une fierté sociale, un capital culturel et spirituel. Cette catégorie, longtemps diabolisée, est devenue un outil de créativité symbolique, de revendications politiques, de luttes de pouvoir, de redéfinition des rapports de genre. Ce travail photographique a été réalisé dans le cadre de la recherche thèse de Manéli Farahmand sur les traditions mayas contemporaines. A la croisée des traditions mayas réinventées et des thérapies alternatives globalisées, les acteurs sociaux s’approprient un héritage préhispanique dont ils valorisent l’esthétisme et l’authenticité. Le corps est au centre de ces processus d’appropriations. Le travail de Laetitia Gessler et Manéli Farahmand nous plonge au coeur de la problématique de la représentation de soi; il se veut une manière de témoigner de la complexité de ces nouvelles identités religieuses et ethniques. Texte de Maneli Farahmand
 
 
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